Les limites à la croissance

Le club de Rome, groupe de réflexion réunissant des scientifiques, économistes, fonctionnaires et des industriels de 52 pays sort en 1972 le rapport Meadows « Les limites à la croissance ». Ce rapport est sera vendu à plus de 12 millions d’exemplaire et sera un des premiers texte à pointer du doigt les dangers pour l’environnement et l’humanité de la croissance économique et démographique que connait le monde.

Cinq principaux problèmes sont mis en exhergue :

  • L’accélération de l’industrialisation
  • La croissance démographique trop importante au niveau mondial
  • La persistance de la malnutrition mondiale
  • L’épuisement des ressources naturelles
  • La dégradation de l’environnement

Les notions de développement durable et d’empreinte écologique sont inspirées de ce rapport qui préconise sans la citer la « croissance zéro ».

Comme le prévoyait ce rapport, la situation d’aujourd’hui est critique. Pourtant, la croissance économique et l’indicateur du PIB sont loin d’être oubliés. 

La prochaine infographie est difficile à comprendre au premier coup d’oeil, cependant elle donne un bon état des lieux de la situation des pays occidentaux. 

Tout d’abord, elle permet de visualiser la biocapacité de chaque pays, c’est-à-dire ce que le territoire donné peut régénérer en une année.

Ensuite, l’empreinte écologique de chacun de ces pays, cet à dire, la quantité de ressources nécessaires pour subvenir à la consommation actuelle

Comparer ces deux éléments permet d’identifier quels pays consomment davantage que ce que leur territoire peut leur fournir. A partir de cette infographie, nous pouvons estimer approximativement l’effort que chaque pays devra fournir pour “Ne pas prendre à la nature plus que ce qu’elle lui offre”.

Dans la pratique, voici une infographie qui nous permet de comprendre les changements planétaires qui nous attendent en fonction des scénariis suivis par nos politiques:

Le début de la courbe (en noir) correspond à la biodiversité présente de 1970 à 2010. Evidemment, le nombre d’espèce menacées et éteinte s’étant accru de manière impressionnante, cette courbe est descendante. Seule la mise en place d’efforts prodigieux, dès maintenant permettrait à la courbe de la biodiversité de se redresser. Mais les politiques nécessaires auraient un impact considérable sur l’économie et ne seraient pas compatibles. Comme imagé dans la courbe grise, le scénario du “business as usual” serait dramatique pour la biodiversité.

Venons-en maintenant à l’impact du dérèglement climatique dont les conséquences systémiques impacteront également la biodiversité. L’ensemble des écosystèmes de la planète sont aujourd’hui touchées par ces dérèglements. L’évolution de ces impacts est difficile à prédire, souvent l’évolution semble exponentielle, malheureusement, certaines boucles de rétroaction peuvent amener à d’immenses avantages géostratégiques et économiques qui peuvent pousser certain dirigeants de la planète à fermer les yeux sur la situation actuelle. La fonte de la banquise va par exemple favoriser de manière considérable les explorations dans des zones jadis inaténiables et facilitera probablement l’utilisation de nouvelles routes commerciales jamais utilisées jusqu’à aujourd’hui. Mais c’est de la sorcellerie. Il n’y a qu’à voir à quoi ressemblait le monde avec 5° de moyenne en moins pour comprendre que l’ensemble de nos besoin vitaux seraient grandement mis en difficulté si nous n’agissons pas plus fortement.

Extrait de la conférence de Jean-Marc Jancovici “James Finance contre Docteur Carbone” à Genève le 17 septembre 2020

Extrait de la conférence de Jean-Marc Jancovici “James Finance contre Docteur Carbone” à Genève le 17 septembre 2020

Tous les écosystèmes de la planète sont déjà impactés  par le dérèglement climatique. L’évolution de ces impacts est difficile à prédire.  Souvent exponentielle ou  avec des boucles de rétroaction qui peuvent  apporter d’immenses avantages géostratégiques et économiques poussant certains dirigeants de la planète à fermer les yeux sur la situation actuelle.

La fonte de la banquise, en particulier en hiver, libérera le passage de navires ce qui réduira la durée et le coût du transport maritime entre les océans Pacifique et Atlantiques.  La fonte de la calotte polaire ouvrira l’accès aux richesses minières et énergétiques de l’océan Arctique. L’élévation de la température et de la concentration atmosphérique en CO2 favoriseront la croissance végétale et la productivité agricole. Le dégel du permafrost, suite à l’élévation de la température, ouvrira de nouvelles surfaces à l’agriculture tandis que les conditions thermiques permettront aux différentes plantes de pousser à de plus hautes latitudes…

Mais tout cela est illusoire, les processus de changement seront trop rapides pour que nous ayons le temps d’en profiter.  Il n’y a qu’à voir à quoi ressemblait le monde avec 5°C de moyenne en moins il y a 20000 ans pour comprendre que l’ensemble de nos besoins vitaux sera grandement mis en difficulté si nous n’agissons pas plus fortement et plus rapidement.

Le cas de la France

En 2015 en France, les émissions nationales représentaient 450 millions de tonnes équivalent CO2. Ce sont les émissions du territoire sans les émissions liées aux produits importés.  Les émissions liées à l’aviation internationale sont aussi à ajouter à ce chiffre: environ 20 MtCO2eq.

Le territoire séquestre annuellement de l’ordre de 40 MtCO2eq (2015).

En France il faudrait diviser par au moins 5, les émissions de GES pour atteindre la neutralité carbone en 2050.

En 2050 selon la SNBC, les émissions totales seraient réduites à 80 MtCO2eq (hors aérien international) équilibrant les émissions séquestrées par les puits que l’on aurait développés à cet horizon. Pour atteindre cet objectif il faudra limiter très fortement la consommation de viandes, isoler les logements et améliorer les systèmes de chauffage, utiliser massivement les transports collectifs et ferroviaires ainsi que les modes doux. Les modes de consommation devront évoluer vers la sobriété et la priorité au local.

L’aménagement du territoire devra évoluer vers une meilleure répartition de la population entre ville et campagne et installer une plus grande proximité entre l’homme et la nature. Les forêts constituent le gisement essentiel du puits de carbone national. Il faudra recomposer le tissu forestier et bocager et laisser plus de place à la nature sauvage. A cette fin des espaces importants seront libérés par la réduction de la consommation de viande et la fin du gaspillage alimentaire.

L’industrie devra se décarboner en réduisant sa consommation d’énergie et en augmentant son recours à l’électricité. Le secteur du transport devra renforcer son offre voyageurs et marchandises prioritairement sur le rail.

 

Nous ne sommes pas des experts en vulgarisation scientifique des problèmes systémiques globaux qui nous frappent, ainsi, si vous souhaitez aller plus loin, rendez-vous sur notre page Ressources sur laquelle nous vous donnerons des pistes d’organismes et de personnalités à suivre pour se tenir informé !