Etat de la Biodiversité en Bretagne

Nous entendons souvent que la France, et d’autant plus la Bretagne ne seront que très peu touchés par le dérèglement climatique. Malheureusement, une multitude d’éléments nous démontrent que la Bretagne n’est pas à l’abri de subir des chocs liés à la modification anthropique du climat. Il convient même de constater que la Bretagne à déjà commencé à subir ces modifications. Nous devons tout de même rappeler que très peu d’impacts sont à imputer directement au dérèglement climatique. L’ensemble des facteurs sont systémiques, c’est-à-dire qu’ils sont liés à de multiples causes, et provoquent des impacts dont nous n’avons, pour la plupart, pas encore conscience.

Une chose est certaine : La densité des activités anthropiques impactent fortement le territoire breton et causeront des dommages irrémédiables dans les prochaines années.

Vous pourrez trouver dans le visuel de droite, les données de 2015 concernant la biodiversité en Bretagne.

La qualité de l’eau en Bretagne

Un des éléments très important à prendre en compte pour se faire une idée du potentiel de résilience du territoire breton, c’est la qualité de sa ressource en eau.

Les résultats de l’étude 2019 sur l’état des rivières du bassin Loire-Bretagne font état de 32% des cours d’eau en bon état écologique. Comme il est souvent le cas, les principaux chiffres à rentenir sont assez “généraux”, globaux aux départements. Malheureusement si les cours d’eau du Finistère sont à 68% en bon état, 38 pour les Côtes d’Armor, 36 pour le Morbihan et seulement 2% en Ille-et-Vilaine, ils ne reflettent pas vraiment la situation sur le terrain. C’est l’ensemble de la Directive Cadre qui pose problème, trop générale et donc non adaptée à chaque territoires. On ne cherche pas à savoir si la quantité de nitrate est polluante, mais si elle est potable.

Rapellons qu’en 2027, tous les cours d’eau francais devraient être en bon état écologique.

 

La problématique des algues vertes

Depuis plusieurs dizaines d’années, la Bretagne est confrontée au problème des algues vertes. Les algues s’accumulent sur certaines plages dont la configuration est très particulière (plages de sables très légèrement en pente dont l’eau ne se renouvelle qu’à moitier pendant les marées). Lorsque ces plages sont alimentées en eau douce par des fleuves cotiers et que ceux-ci sont chargés de nitrates lié à l’utilisation excessive de pesticides ou en élevage trop dense (pincipalement hors-sol) dans leur bassin versant, les algues se superposent, s’accumulent sur des plages, baies entières et dégagent un des gaz les plus toxiques au monde: l’hydrogène sulfuré (H2S). Les zones touchées sont difficilement identifiables, et très peu d’élus se sont saisis de la question, ainsi plusieurs êtres humains et animaux sont décédés dans ces zones. Des associations comme Sauvegarde du Trégor Goëlo Penthièvre ou Halte aux Marées Vertes se battent pour faire reconnaitre le danger des algues vertes et que des véritables actions soient menées pour y mettre fin.

Les sites pollués

La Bretagne est une région éminemment industrielle. Cette stratégie poursuivie depuis le sortir de la 2nd Guerre Mondiale, a certes, désenclavé la Bretagne, devenue une des principales régions agricoles de l’Europe. Mais si l’approche pûrement économique a pu être positive, elle n’a pas de sens si nous ne jetons pas un oeil aux facteurs écologiques, contrepartie à cette réussite économique. Les espaces pollués sont très nombreux en Bretagne. Si des conséquences indirectes sont repérées sur le long terme le long des littoraux comme nous avons pu le voir précédemment, des conséquences directes sont observables le long des principaux fleuves, rivières, cours d’eau bretons ainsi que dans les villes et à proximité de beaucoup d’usines.

Risques de submersions marines

Submersions d’ici 2050

Voici une carte des principales zones concernées par des submersions marines d’ici à 2050.

Les zones en rouges sont celles qui seront sous le niveau de la mer. On peut avoir l’impression que ces zones sont assez peu nombreuses, mais n’oublions pas qu’au delà d’une carte, chaque zone rouge, ce sont des villages qui rassemblent des milliers de citoyens qui vont devoir faire face à des modification majeures de leur environnement.

Exemple

Prenons par exemple la côte nord de la Bretagne, regorgeant de stations balnéaires  qui, mise à part Saint-Malo semblent assez peu concernée par les submersions marines. Si on zoom sur la côte nord des Côtes d’Armor, on se rend compte que, bien que peu visibles sur la carte, ce sont des territoires entiers qui sont concernés.Que des zones situées au large, comme Bréhat apparaissent méconnaissables, comme l’archipel des 7 ïles qui regorge d’une biodiversité sans pareille. Mais également que des villages touristiques (majeurs au niveau économique) seront dans des situations critiques, comme c’est le cas pour Saint-Malo, ou le Mont Saint-Michel.

Les éoliennes marines

Eolien Offshore

Deux principaux projets d’éoliennes marines sont pour l’instant programmés en Bretagne. Si l’apport énergétique est considérable pour une région sans nucléaire ni sources d’énergies fossiles, l’impact sur la biodiversité et les sols marins  est pour l’heure très peu connu. Les deux principaux projets bretons sont situés, pour l’un au large de la bain de Saint-Brieuc (éolien posé, fixé au sol) et le second dans le golf du Morbihan (éolien flottant).

Focus sur les émissions de carbone de l’Agriculture

Focus Agriculture (47% des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES))

Le scénario de référence en Agriculture, est celui Afterres 2050. Il préconise de diviser par trois la taille du cheptel breton pour privilégier une agriculture vivrière afin de rendre la Bretagne résiliente face aux chocs qui vont se produire dans le futur. Et effectivement, tous les éléments en notre disposition démontrent que le principal problème de la Bretagne est sa vision de l’élevage. Nous pourrions être autonomes à 100% en préparant une réelle stratégie de sortie des pesticides et de réduction drastique de notre élevage. Malheureusement, une des principales forces économique de la Bretagne, c’est l’agroalimentaire. Un secteur qui fait de notre région une des forces stratégiques de la France. Arrêter l’élevage et les intrants permettrait l’autonomie à la Bretagne, au détriment de la stratégie agroalimentaire francaise.

Focus sur les émissions de carbone des transports

Focus Transport (27% des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES))

Le second poste d’émission de CO2 de la Bretagne, c’est le transport, qui s’effectue quasi-exclusivement en voiture individuelle sur le territoire. La part des transports en commun reste très marginale en dehors de l’agglomération Rennaise. Le territoire est peu fourni en offre de trains et des solutions sont à imaginer pour développer considérablement le covoiturage, et les mobilités actives dans l’ensemble des multiples villes de taille intermédiaires que compte la Bretagne.