« L’Homme fait partie de la nature et la guerre qu’il mène contre elle est inévitablement une guerre contre lui-même »

Rachel Carson

Le mercredi 05 aout 2020, le Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation annonçait la ré autorisation des néonicotinoïdes, dans un premier temps, pour la culture de la betterave, puis quelques semaines plus tard, pour l’ensemble des cultures agricoles. Discuter de l’impact sanitaire de ces pesticides pointés du doigt, c’est revenir sur un débat déjà tranché depuis plusieurs années : Oui, les néonicotinoïdes sont dangereux pour les insectes, l’ensemble de la biodiversité, les humains, l’eau, les sols…. Évidemment, le monde associatif environnemental s’est dressé d’une seule voix pour dénoncer cette régression inadmissiblecontraire au principe de non régression du droit de l’environnement[1] :31 organisations appellent les parlementaires à s’opposer à cette dérogationdangereuse pour la biodiversité et pour l’avenir de notre agriculture[2].

 

Les services écosystémiques que nous fournissent les pollinisateurs devraient résonner dans l’esprit de nos décideurs, mais ces derniers ne semblent entendre que les désirs du lobby du sucre. Et ce, malgré le fait que 70% des français se disent opposés à cette ré autorisation, que des milliers de personnes signent des pétitions et envoient des courriers à leurs élus.

 

Ainsi, le 06 octobre 2020, l’Assemblée Nationale a voté la réintroduction des néonicotinoïdes jusqu’en 2023, pour « sauver les acteurs du secteur de la betterave ». Une réintroduction qui sera certainement ouverte à l’ensemble du monde agricole. Les caprices de l’agro-industrie ont réussi à remettre en cause une des plus grandes avancées de la décennie en matière d’écologie.

 

Pour aller plus loin : https://reporterre.net/Neonicotinoides-Les-preuves-scientifiques-de-la-catastrophe-n-ont-cesse-de-s-accumuler

 

[1]Le principe de non régression du droit de l’environnement a été inscrit dans le code de l’environnement à la suite du vote de la loi (2016) pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages. Son principe est clair : ”La protection de l’environnement, assurée par les dispositions législatives et réglementaires relatives à l’environnement, ne peut faire l’objet que d’une amélioration constante, compte tenu des connaissances scientifiques et techniques du moment”.

[2] https://www.fne.asso.fr/sites/default/files/2015/CP-neonicotinoides-7092020.pdf